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Une proposition de loi pour interdire les engrais au cadmium

Une proposition de loi déposée fin décembre vise à interdire à compter de 2027 les engrais phosphatés contenant du cadmium, métal lourd aux effets nocifs pour la santé, afin de « protéger l'alimentation » des Français, a annoncé vendredi le député écologiste qui promeut le texte.

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Benoît Biteau, agriculteur et député (Les Écologistes) de Charente-Maritime, a cosigné ce texte avec d'autres membres du groupe Écologiste et Social à l'Assemblée nationale comme François Ruffin, Clémentine Autain ou Sandrine Rousseau.

La proposition de loi, déposée le 23 décembre, prévoit un article unique visant à interdire au 1er janvier 2027 « l'importation », « la vente » et « l'utilisation sur le territoire national d'engrais inorganiques ou organo-minéraux phosphatés (...) contenant du cadmium ».

Métal lourd naturellement présent dans les sols, sa présence peut être augmentée notamment par l'utilisation agricole de fertilisants phosphatés en contenant.

« Une fois qu'il est dans les sols, on ne sait pas s'en débarrasser. Il faut donc arrêter d'importer ces engrais », a plaidé Benoît Biteau lors d'une conférence de presse organisée vendredi à Rochefort. « Et je ne veux pas taper sur les agriculteurs qui les utilisent car la plupart d'entre eux ne sont pas informés de la présence de cadmium dans ces intrants », a-t-il souligné.

Début juin, des médecins libéraux avaient alerté sur la contamination massive des Français - principalement les enfants et les femmes - au cadmium via ces engrais phosphatés utilisés en agriculture, qui se retrouvent notamment dans les céréales du petit déjeuner, le pain ou les pommes de terre.

Plus de 16 000 articles scientifiques attestent que le cadmium « s'accumule dans l'organisme au fil des années » et est « l'un des plus grands toxiques existants », avaient plaidé les Unions régionales des professionnels de santé-Médecins Libéraux (URPS) « À l'instar de l'amiante, allons-nous attendre 50 ans, entre le moment où elle est réellement avérée dangereuse et son interdiction, pour interdire l'épandage de cadmium sur les sols agricoles produisant notre alimentation de base ? Déjà 33 ans que l'alerte est pourtant donnée ! », dénoncent les parlementaires en préambule de la proposition de loi, s'appuyant sur le classement du cadmium comme cancérogène certain depuis 1993 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

Benoît Biteau a évoqué des alternatives à leur utilisation, comme l'agroforesterie ou l'agriculture biologique. « Nous soutenons la nécessité d'un accompagnement renforcé des agriculteurs vers une transformation des pratiques agronomiques afin de réduire les dépendances à de grandes firmes agro-industrielles », est-il précisé dans la proposition de loi.

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